La guerre, denier camouflage de l’échec…

Dans une récente chronique, je notais que le plan de relance ultime de nos brillants planificateurs omniscients, confrontés à leurs échecs et acculés à la ruine de leurs pays, a toujours été … la guerre.

Récemment, Emmanuel Macron a lancé l’idée d’envoyer des troupes en Ukraine.

Ce sujet a d’abord été évoqué le lundi 26 février, au cours d’une conférence de soutien à l’Ukraine en présence d’une vingtaine de chefs d’État : « Nous ferons tout ce qu'il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre. […] Il n'y a pas de consensus aujourd'hui pour envoyer de manière officielle, assumée et endossée des troupes au sol. Mais en dynamique, rien ne doit être exclu ».

On ne peut pas dire que les « alliés » aient débordé d’enthousiasme. Pourtant, plutôt que de laisser retomber la poussière sur cette mauvaise idée, notre vaillant président en remet une couche.

Sans doute se voit-il déjà habillé en commando marin, dans une attitude virile, faisant la paire avec Zelensky et ses T-shirts moulants couleur olive.

L’idée essaime gentiment dans les médias et fait de belles unes.

La politique est un métier qui consiste à faire couler l’argent des autres, et le sang des autres. Quand il n’y a plus d’argent, faire couler le sang permet de durer encore un peu. Effort de guerre, mobilisation de l’épargne, dévaluation et tout cela pour une bonne cause : terrasser un méchant.

Il ne vous a certainement pas échappé, cher lecteur, que côté argent, nous avons récemment eu droit à un changement de discours de nos grands planificateurs. Il y aurait moins d’argent et il faudrait faire attention…

C’est que la hausse des taux est le détonateur de la bombe de la dette publique. Payer les intérêts devient maintenant un véritable boulet.

Donc fini les « Quoi-qu’il-en-coûte », les guerres contre les inégalités, le climat, le virus et autres babioles. Il faut trouver autre chose pour camoufler que l’État français est en faillite. D’où l’idée d’intervenir sur un sol étranger dans une guerre civile qui ne nous regarde pas. Et d’emprunter pour cet effort de guerre.

« Nous vous détruirons ! »

Je suis allée à Budapest juste après la première déclaration de Macron. La Hongrie est un pays qui a été amputé d’environ 2/3 de son territoire et de sa population après la Première guerre mondiale.

Viktor Orban en est actuellement le président. Il est qualifié d’extrême-droite, ce qui pour les médias mainstream signifie qu’il est contre l’immigration.

Les Hongrois ont un niveau de vie statistiquement un tiers moins élevé que les Français. Mais les prix pratiqués à Budapest n’ont rien à envier à une grande ville française comme Lyon, Nantes ou Toulouse… Si les statistiques ne mentent pas, le niveau de vie en dehors de la capitale doit donc être bien plus faible.

Budapest est une ville magnifique pour les amateurs d’art nouveau et d’art déco. Je la classe loin devant Vienne ou Prague sur ce plan.

Nous parlons français dans le métro avec notre guide.

Au bout d’un moment, un homme se lève, nous montre une photo d’Emmanuel Macron sur son téléphone et nous demande en français « C’est votre président ? ».

Notre guide lui répond en hongrois que ce n’est pas son président, l’homme se rassied, nous reprenons notre conversation.

Mais quelques minutes plus tard, l’homme se lève à nouveau et en nous montrant encore la photo de Macron nous dit « si vous nous touchez, nous vous détruirons. Vous entendez bien : nous vous détruirons ». C’était un Russe belliqueux qui parlait français auquel nous avions affaire.

Poutine n’est pas un individu recommandable, très loin de là.

Zelensky n’est pas non plus un individu recommandable.

Orban n’est pas un saint et il a clairement déclaré en 2022 que la Hongrie, membre de l'Otan, « doit rester en dehors du conflit armé » et qu'il « n'est surtout pas question d'envoyer des troupes en Ukraine ». Extrême-droite ou non, cela me paraît une bonne idée.

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