2025 : une bonne année réactionnaire

Par Simone Wapler

L’actualité commence à laisser place à quelques surprises. Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, y pourvoit. Chacune de ses sorties arrache à la gauche et aux Wokes des couinements meurtris ou des invectives.

Dans un discours de début d’année Emmanuel Macron a accusé Elon Musk de soutenir une « internationale réactionnaire ».

Superbe expression.

Bien vu.

C’est exactement cela.

Les choses ont été trop loin dans beaucoup de domaines. Elon Musk semble donc penser qu’il conviendrait de revenir en arrière dans le progressisme. Pêle-mêle : le wokisme, l’hystérie climatique, l’immigration massive, la complaisance avec ces populations importées sans l’accord des peuples des pays d’accueil, leur violence et leurs mœurs, l’autocensure des médias.

Vouloir revenir en arrière, c’est bien ce qui caractérise le réactionnaire. Le conservateur, lui, ne souhaite que le statu quo. Mais quand on s’est lourdement trompé, vouloir simplement persister (sans parler d’aller plus loin) est idiot. Dans le monde financier, l’entêtement est puni de faillite. Dans le monde des affaires publiques, la punition est plus longue à venir.

Courageusement, Elon Musk fait resurgir un ignoble scandale d’esclavage sexuel de mineurs au Royaume-Uni, étalant la complaisance (peut-être même la complicité) des autorités face au communautarisme le plus indéfendable, ce qui ébranle le gouvernement en place (qui a décidé de s’autoamnistier en refusant toute ouverture d’enquête en vue de condamner les autorités responsables). Sans complexe, il s’affiche avec Giorgia Meloni, bête noire des parasitocrates européens et qualifiée d’extrême-droite.

Les opinions d’Elon Musk sont largement partagées par le président élu américain, Donald Trump, qui doit rentrer pleinement en fonction le 20 janvier prochain. D’où l’émoi palpable, ici même en Europe et en France dans le camp du bien et du progrès qui se verrait mis à l’index par cette internationale réactionnaire qui semble vouloir moins de gouvernement et moins d’ingérence.

Rappelons que Musk est censé bientôt piloter le DOGE, ou Department of Government Efficiency, voulu par Trump, une sorte de commission spéciale qui préconisera comment dégraisser le gouvernement fédéral. Et vu l’efficacité désormais prouvée de la tronçonneuse de Milei en Argentine, le DOGE ne devrait pas se montrer timide. Par ailleurs, Elon Musk a l’habitude de faire le ménage lorsque c’est utile.

Quand la méthode X/Twitter essaime

Peut-être vous rappelez-vous les cris outragés poussés par les politiques et les grands médias lorsqu’Elon Musk a acquis ce réseau social, avertissant que Twitter ne pratiquerait pas la censure et ne contribuerait plus à diffuser la langue de bois.

Musk, un homme riche sans foi (socialiste) ni loi (sauf celle du plus fort) possédant un média libre, quelle horreur !

Il a commencé par violemment dégraisser les effectifs laissant d’abord partir ceux qui ne l’appréciaient pas puis supprimant tous les emplois liés à relayer les demandes gouvernementales concernant les contenus appropriés ainsi que les « fact checkers », individus supposés contrôler et vérifier des faits mais en réalité relais de la pensée unique du moment. Il a indiqué qu’il mettrait en place un système de « notes de la communauté » qui lui paraissait plus efficace.

Pour expliciter ces points, un exemple.

Supposons que je poste sur Twitter : « Rien ne prouve qu’il existe un changement climatique d’origine anthropique dû au CO2. Il a déjà fait par le passé plus chaud : époque romaine, optimum médiéval. Des ruines romaines se révèlent à nos yeux dans les Alpes en raison de la fonte des glaciers. Le Groenland était vert à l’époque des Vikings. Durant l’optimum médiéval, les vendanges étaient nettement plus précoces, preuve que le raisin était mûr plus tôt ». 

Version censure :

Une alarme rouge sonne pour cause de climato-scepticisme. Il faut faire quelque-chose. Un « fact checker » ne me contredirait pas sur le fond, mais rappellerait les milliers de pages de rapport du Giec pour dire qu’il y a un « consensus scientifique autour du changement climatique d’origine anthropique » et que l’auteur doit être rangé au niveau des platistes ou négationnistes. Il convient donc de faire débrancher mon compte.

Version « notes de la communauté » :

Des archéologues et des historiens soutiennent mes dires et apportent d’autres preuves dont ils donnent les liens.

Des scientifiques labellisés Giec préviennent que le climat est « global » qu’on ne peut rien dire à partir des Alpes, du Groenland qu’il faut raisonner à l’échelle planétaire.

Mon compte est maintenu, les commentaires et suiveurs prolifèrent, un débat argumenté naît au grand dam de la pensée unique.

Figurez-vous que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook et propriétaire de Meta vient d’indiquer qu’il allait lui aussi laisser tomber la censure ou l’autocensure et pratiquer la méthode Musk.

« Réduire la censure et « le nombre de messages et de comptes de personnes innocentes que nous supprimons accidentellement », voilà l'objectif de la démarche. Un travail qui se fera « avec le président Trump », afin également de « repousser les gouvernements du monde entier qui s'en prennent aux entreprises américaines et font pression pour censurer davantage ».

Ce nouveau tenant de l’internationale réactionnaire a même précisé que les quelques fact-checkers maintenus en poste quitteraient la Californie Woke où il y avait trop de pression sociale.

Il faut dire que le Wokisme et le conformisme, finalement, ce n’est pas payant. En témoigne la chute des résultats de Disney et, sous la pression des actionnaires, son désengagement du wokisme. Mickey est déjà réac ! Les grands médias ne cessent de perdre confiance et audience. Tandis que les réseaux sociaux deviennent de vrais médias.

Peut-être vais-je acheter quelques actions Meta, finalement, car les résultats devraient profiter de cette nouvelle ligne…

Et si l’internationale réactionnaire s’intéressait à la monnaie ? 

Évidemment, tous ces amusements ne doivent pas détourner l’attention des choses importantes : nous croulons sous les dettes publiques et les finances publiques sont dans un état désastreux.

Le Figaro du vendredi 10 janvier « Nouvelle flambée des taux d’emprunts pour la France ».

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Parce que nous avons été trop loin.

Comment allons-nous nous en sortir ?

Mal. 

Que faudrait-il faire ?

Devenir réactionnaire aussi en matière monétaire. Tout cet endettement délirant pour des motifs stupides n’est possible qu’à cause du système monétaire en vigueur qui permet de créer de la monnaie à partir de rien.

Comme je l’explique dans mon livre, « Du sumérien au bitcoin : dettes et crises monétaires », il y a deux façons d’envisager la monnaie.

L’attitude progressiste, celle de Platon (428-348) :

Père de l’allégorie de la caverne, Platon voit la monnaie comme une simple convention sociale dont la valeur est subjective. La monnaie n’a pas besoin d’être une marchandise convoitée. L’État ou la Cité gère la «convention sociale». Les deux parties–acheteur et vendeur –acceptent la monnaie frappée par la cité en raison justement de la garantie de l’État.

À dire vrai, ils l’acceptent aussi en raison du «cours forcé» de cette monnaie dans un territoire donné, puisque les marchands devaient souvent changer leurs monnaies ou poids aux portes de la cité.

Simple convention sociale, selon Platon, la monnaie n’a pas besoin de valeur intrinsèque, d’être adossée à une autre valeur que la caution de la Cité, c’est-à-dire du pouvoir local.

L’attitude réactionnaire, celle d’Aristote (384-322) :

Le philosophe élève de Platon a une vision décentralisée de la monnaie. Il estime qu’elle doit dépasser l’enceinte de la Cité, le champ de l’économie domestique. La monnaie doit être capable de recouvrir l’aire d’échange la plus vaste possible… La monnaie doit avoir une valeur intrinsèque. Elle doit être marchandise.

Aristote est réactionnaire car il a connu plusieurs faillites de cités grecques.

Aristote a aussi codifié trois caractéristiques essentielles que doit avoir une monnaie:

·      Instrument d’échange donc facilement reconnu ou encore «moyen de paiement»

·      Instrument de mesure, instrument comptable ou encore «unité de compte»

·      Stockage de la valeur dans le temps (à l’échelle de vie de quelques générations) ou encore «support d’épargne».

Bref, avec nos monnaies platoniciennes, les dettes gonflent. 

Les taux montent car tout le monde sait qu’il y a trop de dettes.

L’or monte (+35% en 2024) car certains banquiers centraux se méfient des monnaies « convention sociale » et sont moins acheteurs de dettes.

Et 2025 s’annonce une année propice aux réactionnaires, y compris monétaires.

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