Les dépenses publiques provoquent les hausses de prix

Par Simone Wapler

Faute de remise en question du rôle de l’État et des réglementations, les perspectives économiques sont meilleures aux États-Unis qu’en France ou en Europe. 

Le budget dont s’est doté la France est insincère.

Il ne prévoit aucune réduction de dépenses publiques mais 40 milliards en plus.

Les recettes sont surestimées comme d’habitude.

Sans rentrer dans tous les détails, un simple repère : la croissance prévue dans la loi de finance est de 1%. La plupart des organismes nationaux ou internationaux prévoient 0,5%. Donc les recettes de TVA par exemple sont artificiellement gonflées.

Les recettes (impôts et taxes) se montent à 378 milliards. Les dépenses s’élèvent à 517 milliards. Le déficit prévu est de 139 milliards. Le vrai déficit – exprimé par rapport aux recettes – est donc de 36,77%.

L’État dépense un gros tiers en plus de ce qu’il ponctionne. Et il ponctionne déjà énormément.

Concrètement, toutes ces dépenses seront payées par nous. Par l’impôt mais aussi par des hausses des prix. 

« Les dépenses excessives du gouvernement sont la principale raison de la hausse des prix »

Elon Musk

Tous les économistes ayant pignon sur rue nous expliquent doctement que les prix ne peuvent monter que s’il y a trop de demande ou si les coûts de production augmentent. Ce qui n’est jamais la faute du gouvernement. Ils nous expliquent aussi que les dépenses publiques sont bonnes pour la croissance économique mais que toute forme d’austérité serait désastreuse.

Par conséquent, les « experts » ont poussé des couinements terrifiés.

Source 

Certes, lorsque la demande est forte, les prix augmentent. Par exemple, lorsque les vacanciers envahissent les bords de mer, les prix de tous les poissons augmentent à la criée. Il y a plus de détaillants, de restaurateurs et d’hôteliers qui enchérissent. Le nombre de patrons-pêcheurs, lui, reste le même et la quantité ne peut pas s’ajuster. Le processus se répète à chaque saison. Il s’agit d’une hausse de prix saisonnière.

Supposons que le prix du pétrole flambe, la pêche sera vendue plus chère car les patrons-pêcheurs refuseront de la vendre à perte. Il ne s’agit plus de saison mais de guerre, d’arrangement de cartel ou de taxe.

Supposons encore qu’il existe un chèque-vacances-poissons distribué par le gouvernement pour que les vacanciers puissent obtenir du poisson dans de bonnes conditions de prix comme en hiver.

Le prix du poisson baissera-t-il vraiment pour ceux qui ont reçu ce chèque magique ? Cette demande subventionnée ne va-t-elle pas, au contraire, conduire à un renchérissement artificiel ? Qu’auraient fait les contribuables de leur argent s’ils n’avaient pas été contraints de le donner pour financer le chèque-vacances-poisson ? Qui peut avoir une réponse à toutes ces questions ?

La réponse des économistes dits de l’école autrichienne[1] est « personne ». Ils osent avouer leur ignorance : personne ne peut vraiment connaître ces réponses. Le comportement de chacun dépend de la personnalité de chacun. Nous sommes tous différents. Il est prétentieux et réducteur de vouloir enfermer les gens dans des statistiques et des modèles. Avez-vous d’ailleurs remarqué que l’humilité n’était pas la qualité flagrante des économistes prônant l’interventionnisme ?

Le marché et la concurrence sont certes imparfaits mais les interférences des pouvoirs publics sont systématiquement nuisibles.

La plus mauvaise façon de dépenser

Javier Milei, le président argentin, dans un interview donné le 6 février 2025 au journal Le Point, analysait qu’il y a quatre façons de dépenser de l’argent : le sien ou celui des autres, pour soi ou pour les autres. Dépenser l’argent des autres pour les autres – ce que fait l’État – est la façon la plus inefficace. Vous ne connaissez pas la valeur de cet argent (puisque vous l’avez pris aux autres) et vous ne connaissez pas ceux pour qui vous le dépensez. Tous les gens qui passent leurs vacances au bord de la mer ne sont pas amateurs de poisson, par exemple… 

Les dépenses publiques inutiles privent de leur argent ceux qui auraient pu le faire fructifier ; elles poussent à la hausse des prix car elles empêchent des gains de productivité ailleurs. Dans un marché normal, les prix ont plutôt tendance à baisser sur le long terme.

La preuve par le penny

Le penny ou le cent, la plus petite pièce américaine, coûte désormais trop cher à fabriquer. Sa production reviendrait à 2 cents par pièce. Trump souhaiterait la supprimer.

De quoi est fait un penny ? De cuivre, de zinc, d’énergie pour la fonderie et la frappe. Cette pièce est produite depuis 1909. Manque-t-on de cuivre ou de zinc au XXIème siècle ? Faut-il plus de main d’œuvre ou d’énergie pour extraire ces métaux ?  L’énergie est-elle moins abondante en 2025 qu’en 1909 ? Bien sûr que non. De surcroit, la mécanisation a fait de très gros progrès.

Ce n’est pas le penny qui coûte trop cher à produire. C’est le dollar qui a perdu son pouvoir d’achat. 100 $ de 1913 valent 3,17 $ au 31 janvier 2025.

Source

Dit autrement, la valeur du dollar a été divisée par plus de 30 en 115 ans. En supposant que produire un penny coûtait 0,01 $ (soit 1 cent) en 1909, il faudrait 32 cents pour produire ce même penny avec le dollar dévalué d’aujourd’hui.

Ce sont donc les gains de productivité qui font que le coût de production du penny n’est que de 2 cents et non pas 32 cents. Pensez aux progrès faits en 115 ans, par les industries minières et pétrolières, les transports, la mécanisation…

Quand on laisse faire les gens, ils se recherchent à obtenir plus de résultats avec le moins d’efforts possibles (travail, temps, argent, énergie). Vous m’accorderez que l’inverse est rare. Vous ne rallongez pas vos trajets, vous vous organisez pour perdre le moins de temps possible, vous évitez de dépenser inutilement, … Figurez-vous que tout le monde fait comme vous. Tout le monde sauf ceux qui dépensent l’argent des autres pour les autres.

Un exemple récent : la « proposition de loi tendant à supprimer certaines structures, comités, conseils et commissions « Théodule » dont l'utilité ne semble pas avérée »[2]. Après examen, la loi a été votée mais vidée de sa substance[3], la plupart des 27 comités visés ayant survécu. On parlait d’une goutte d’eau (30 millions de budget) dans un océan de dépenses. Mais cette anecdote prouve bien que toute économie - si ténue soit-elle - rebute nos représentants. Même une économie de leur temps (passé en réunion stérile dans des machins qui ne servent à rien). 

En France, la tronçonneuse et le Doge ne sont pas encore d’actualité. En attendant, les prix de tout ce que touche l’État (immobilier, santé, énergie, …) augmentent. Quand les prix n’augmentent pas, la qualité se dégrade comme avec l’enseignement. Dans le cas de la santé, les prix augmentent et la qualité se dégrade.

Ce déni des problèmes budgétaire en France devrait orienter vos placements financiers. La zone dollar devrait être plus favorable en 2025. Certes, les droits de douane sont inflationnistes mais si l’État fédéral recule grâce au Doge, la croissance économique devrait mieux s’en porter et le bilan sera plus favorable qu’en France ou en Europe.

Pour alimenter cette réflexion, voici les secteurs d’activité les moins profitables aux États-Unis. Vous y constaterez que les énergies alternatives sont des professionnelles du gâchis.

Et voici les secteurs les plus profitables.

[1] Voir ici. Principaux auteurs : Charles Menger, Friedrich Hayek, Ludwig von Mises

[2] Voir ici

[3] Le Sénat renonce à la suppression de « comités Théodule »

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