L’idéologie ne paie pas
Par Simone Wapler
Non seulement l’idéologie n’est pas rentable, mais elle est ruineuse. Dans le secteur privé, les démarches se multiplient pour abandonner les codes de bien-pensance. Malheureusement ces initiatives tardent en France. Dommage pour notre portefeuille.
Beaucoup d’entreprises ont récemment renoncé à l’idéologie et au militantisme, que ce soit dans le domaine woke ou celui du climat.
Ainsi, Bob Iger, le patron de Disney a été contesté lors d’une assemblée houleuse en avril 2024 par deux fonds activistes, Trian Fund Management et Blackwells Capital.
Les actionnaires ont de plus dénoncé « les dons de Disney à des organisations défendant la cause LGBTQIA+ […] qui ignorent les croyances d’une majorité d’Américains », selon Bloomberg. Bob Iger a réussi à conserver sa place mais il semblerait qu’il ait mis de l’eau dans sa potion woke.
La lente descente aux enfers de Mickey
Depuis ses résultats records de 2021 (le confinement ayant aidé), Disney avait perdu près de 40% de sa valeur en bourse.
Est-ce réellement seulement le résultat des efforts en termes de Diversity-Equity-Inclusion (DEI, sorte de code de bonne conduite woke) qui ont dégoûté le public ? Difficile à déterminer. Il faut reconnaître que Disney a plus de concurrence que par le passé (autres producteurs de films d’animation, streaming).
Ce qui est certain, c’est que la marque qui faisait partie des 4 entreprises les plus aimées des Américains en 2019 est devenue en 2023, la 77ème des 100 marques les plus détestées, selon Axios-Harris.
Dans un tout autre domaine, le détaillant Wal Mart a annoncé en décembre renoncer à sa politique DEI, suivant les pas de Ford, Harley-Davidson, Molson Coors, Lowe’s et Tractor Supply, BrownForman, Toyota, Jack Daniel’s… Terminée, la discrimination positive à l’embauche. Wal Mart indique vouloir mieux contrôler ses articles afin de ne pas diffuser des produits sexuels et transgenres destinés aux mineurs.
Abomination et catastrophe ! L’internationale réactionnaire, redoutée par Macron, les milliardaires de Davos, et la Commission européenne, avance ! Pas seulement pour repousser le wokisme mais aussi pour tempérer l’hystérie climatique.
Quand l’internationale réactionnaire s’attaque à l’hystérie climatique
On a appris à la fin de 2024 que les grandes banques américaines[1] se retiraient de la Net Zero Banking Alliance, dont l’objectif est « d’aligner les activités de financement avec les objectifs climatiques » comme le dit joliment Les Echos.
Tout d’abord, précisons que lesdits « objectifs climatiques » sont des directives politiques. Ces directives politiques tirent leur légitimité de l’existence d’un consensus selon lequel il existerait un réchauffement climatique et que ce réchauffement serait imputable à nos coupables activités humaines, nous répète-t-on. Sauf que ledit consensus n’existe pas, comme l’explique clairement cet article. Il n’est qu’une illusion statistique.
Les investisseurs américains fuient les fonds dits green, c’est-à-dire orientés vers la transition climatique ; pour la première fois, ils ont perdu 30 Mds$ d’encours selon le Financial Times. Leurs médiocres résultats amputent les revenus des futurs retraités.
L’inutilité prouvée des énergies intermittentes
Année après année, alors que leurs capacités grandissent, les énergies dites alternatives prouvent leur inutilité.
Voici le bilan 2024 de la production électrique en France[2]. Les chiffres qui suivent sont des moyennes mensuelles.
Nous avons mensuellement produit 59 7149 MW dont une partie (12,6%) est exportée et une autre (1,2%) utilisée pour remonter de l’eau dans des barrages hydraulique. Nous avons mensuellement consommé 48 783 MW.
Rappelons qu’à chaque instant, un réseau électrique doit être équilibré, la demande doit correspondre à l’offre sinon c’est la panne, le black-out. Ce qui est exporté ou pompé correspond à des périodes de surcapacité.
Le nucléaire représente 84% de notre consommation. Les énergies renouvelables subventionnées en représentent 11% pour l’éolien et 5% pour le solaire (chiffres arrondis).
L’éolien a une capacité théorique de 23 800 MW. Pourtant, en moyenne, il n’a produit que 10,8% des besoins. Pour la simple raison que lorsqu’il n’y a pas de vent, l’éolien ne produit rien. De même que le solaire ne produit rien la nuit. L’éolien et le solaire ne servent à rien une bonne partie du temps.
La production moyenne annuelle des éoliennes ressort à 22% de la puissance installée (en 2023 elle était autour de 28%, chiffre somme toute plus sympathique !).
En plus de cette performance lamentable la puissance produite n’a dépassé 50% de la puissance installée que durant 26 jours, soit 7% du temps. Cette puissance est tombée en-dessous de 10% durant 81 jours (22% du temps). Elle est même descendue au moins une fois à 3%.
Nous avons exporté en moyenne 21,2% de notre production tous les mois. Il n’y a aucun intérêt à exporter puisque le prix payé par nos clients est largement inférieur au coût de production. Chaque watt exporté, payé par nos impôts, est vendu à perte.
En réalité, notre consommation nationale est suffisamment pourvue avec le nucléaire complété par l’hydraulique (16,7% en moyenne mensuelle) et le thermique (à hauteur de 4,5% en moyenne mensuelle). Nul besoin des énergies renouvelables déficitaires, polluantes et intermittentes.
Pourquoi polluer et défigurer nos paysages maritimes et campagnards ? Pourquoi plomber nos finances publiques avec ces énergies intermittentes lourdement subventionnées ? Par idéologie écologiste.
Non seulement l’idéologie ne paie pas, mais elle est ruineuse.
La Cour des comptes rate l’essentiel
Dans un rapport rendu public le 14 janvier 2025, la Cour des comptes conteste le programme de construction de six nouveaux réacteurs nucléaires.
Dans un sens, les magistrats ont raison. Car figurez-vous que, dans notre pays frappé de désindustrialisation, la consommation électrique diminue, selon les chiffres de RTE.
Sur le graphique ci-dessus, la ligne noire représente la consommation 2024, et la trace grise les consommations antérieures.
Donc 6 nouveaux réacteurs sont-ils nécessaires dans un pays autosuffisant dont la natalité et l’industrie sont en déclin ? Mais ce n’est pas la question que se posent les magistrats.
La Cour des comptes conteste le flou artistique des chiffres du coût de développement de ces réacteurs. La dernière estimation (2024) du prix est de 67,5 Mds€ contre 51,7 Mds€ trois ans plus tôt pour ces 6 EPR. Pour mémoire, Flamanville devait coûter 3,3 Mds€ mais la facture finale serait de 23,7 Mds€. Une erreur d’un facteur 7 est difficilement justifiable, même pour une entreprise publique.
En fait, il existe des moyens de production d’électricité nucléaire plus abordables que les EPR, notamment les unités de 900 MW, dites Astrid, abandonnées en 2019. Sans compter la filière SMR (300 MW).
Mais par idéologie, la puissance publique aime ce qui est gros, centralisé, ce qu’elle peut contrôler sans craindre de concurrence, « quoiqu’il en coûte ».
Par idéologie, toujours, nous avons prévu de gaspiller environ 160 milliards dans l’éolien entre 2020 et 2048 (en subventions aux opérateurs, coûts de raccordement et d’ajustement du réseau)[3]. Avec ce gâchis, nous aurions largement de quoi financer 6 EPR à la construction aussi laborieuse que celle de Flamanville.
La suppression de cette ruineuse transition énergétique et la fin de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie, voilà un gros gisement d’économie à portée de main pour l’État et donc de pouvoir d’achat pour nous : moins d’impôts et des prix d’électricité plus avantageux.
[1] Goldman Sachs Wells Fargo, Citi, Bank of America et Morgan Stanley. À ce jour, reste seulement JP Morgan
[2] Les chiffres sont issus de RTE et de la compilation faite par Denis Zardet publiée ici.
[3] https://www.energieverite.com/post/plus-de160-milliards-c-est-coût-de-l-éolien-prévu-par-la-ppe