Le naufrage de l’énergie éolienne

Le sort d'entreprises comme Siemens suite au lancement de projets dans les renouvelables montre pourquoi les entreprises font mieux d'éviter la tentation des subventions...

Comme en témoignent les récents déboires de Siemens, les énergies renouvelables sont un mauvais choix technique forcé par les politiques. De la même façon que les Allemands – qui passent pour organisés et rigoureux – ont échoué à faire marcher le communisme, ils dérapent dans le tournant énergétique ou Energiewende.

Le 23 juin, la branche éolienne de Siemens Energy, deuxième fabricant mondial de ces moulins à vent, a fait dévisser en bourse de près de 32% un des fleurons industriels allemand.

Évolution du cours de l’action Siemens depuis 2023

En cause : un taux de défaillance et des problèmes techniques dont la solution prendra des années. Encore plus grave, ce n’est pas un point de détail ou des composants défectueux qui seraient la cause des problèmes mais le concept même des éoliennes géantes dont certaines s’effondrent au bout d’un an comme le rapporte Bloomberg, General Electric étant en proie à des problèmes similaires.

Les Echos :

« Compte tenu de l'histoire et de la nature de l'industrie éolienne, l'avertissement sur les bénéfices n'a pas été une surprise totale, mais ce qui nous a surpris, c'est son ampleur », ont déclaré les analystes de JPMorgan. 

L’ampleur des pertes sera précisée par Siemens le 7 août prochain.

Les subventions ne débouchent pas sur la rentabilité

Le spécialiste OffshoreWIND.biz rapporte les propos inquiétants de l’assureur spécialisé dans ce domaine, GCube :

« […] une croissance des pertes de l’industrie éolienne offshore, de 1M£ en 2012 à plus de 7M£ en 2021, crée un risque financier insoutenable, juste au moment où il faudrait une montée en régime pour assurer la transition énergétique ».

Dans une interview accordée à CNBC, le patron de Siemens Energy, Christian Buch ne mâche pas ses mots :

« N’oubliez jamais que les énergies renouvelables comme l’éolien ont besoin, en gros, de 10 fois plus de matériaux [par rapport] à ce dont les technologies conventionnelles ont besoin »

Ces propos signifient que l’éolien n’est pas rentable mais aussi que cette industrie est vulnérable à l’inflation.

Les énergies vertes sont en réalité une bulle gonflée par les subventions, elles-mêmes alimentées par la création monétaire et les déficits publics.

Un tel désastre renforce notre idée de « transaction de la décennie ».

L’industrie automobile sur la même trajectoire

L’industrie automobile, que les gouvernements prétendent aussi faire basculer dans le tout électrique au mépris de la rentabilité, est également touchée.

Carlos Tavares, le patron de Stellantis, rue dans les brancards du capitalisme de copinage. Pressé par Bruno Le Maire de se lancer dans la construction de véhicules électriques en France (Peugeot 208), il déclare dans Le Figaro :

« L’industrie doit passer d’une technologie qui a été optimisée, affûtée, pendant plus d’un siècle à une technologie encore balbutiante. Il y a deux semaines, avec nos ingénieurs, nous avons consacré un séminaire à démonter une demi-douzaine de voitures électriques qui sont aujourd’hui sur le marché. Conclusion : la technologie n’est pas aboutie. Rien n’est optimisé. Cela, c’est la réalité face à laquelle nous devons être lucides. Mais c’est une réalité que tous les décideurs n’ont pas eu l’opportunité de voir. […] Une subvention à l’investissement ne peut pas contrer une différence de coûts variables sur le cycle de vie d’un modèle. Faisons preuve de sagesse, ce n’est probablement pas la meilleure façon d’utiliser l’argent du contribuable. […] Il faudrait consacrer un séminaire entier au décalage entre la société civile et le monde politique ! » 

Sans subvention, aucun constructeur occidental ne se serai essayé au véhicule électrique et sans aide et prime à la casse aucun client ne se présenterait.

Il y a une similitude entre ces deux industries. Dans les deux cas, des politiques d’ingérence poussent les industriels vers des paris technologiques et des productions techniquement inabouties.

Dans les deux cas, les contribuables et les consommateurs paient la casse : d’une part en subissant une pression fiscale plus élevés ; d’autre part en payant plus cher des produits insatisfaisants et inaboutis.

Les seuls gagnants de ces lubies sont les décideurs politiques qui en profitent pour accaparer toujours plus d’argent public. Quant à nous autres – contribuables et consommateurs – nous ne devrions jamais oublier qu’en acceptant une subvention, nous nous rendons complices du vol d’autres contribuables.

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