Le planisme ne reculera devant aucune erreur

Malgré les échecs patents du dirigisme monétaire ou climatique, les chroniqueurs financiers continuent à en prôner les vertus. 

Les journalistes sont en vacances et le volume d’informations diminue. Les banques centrales relèvent leurs taux comme prévu. Aucune faillite notoire ne fait les gros titres. Tout est calme. Rien de neuf sous le soleil (ou la pluie).

Toutefois, parmi mes lectures de ce début de semaine, j’aimerais en partager deux qui dénotent le même état d’esprit : les élites savent mieux que nous comment gérer notre argent et ce qui est rentable. Le premier morceau concerne la politique monétaire du Royaume-Uni et le second la politique climatique européenne.

Commençons par la politique monétaire de la Banque d’Angleterre, commentée par Marc Fiorentino dans sa newsletter quotidienne. Cette lettre est une bonne girouette : elle donne la direction du vent dominant. Prendre des vessies pour des lanternes et croire aux vertus du planisme dicté par la « puissance publique », tel est le vent dominant. 

Les banques centrales ont accumulé les erreurs.
Et elles continuent à le faire.
Mais une seule banque centrale a eu le courage de reconnaître ses erreurs.
La Bank of England.
Et elle vient de prendre une décision très étonnante pour tenter de ne plus refaire les mêmes erreurs.

[…]

La principale erreur ?
Avoir continué à maintenir des taux bas ou négatifs et à injecter massivement des liquidités alors que l'économie avait déjà rebondi du fait du rattrapage post-Covid et que l'inflation était déjà à nos portes.

Après ce début relativement critique, on est avide de connaître la suite. La Banque d’Angleterre aurait-elle renoncé à contrôler les taux d’intérêt, ou plus exactement le rythme de la création monétaire au travers du coût du crédit ? Il faut déchanter. 

La FED et la Banque d'Angleterre ont tenté de rattraper leur retard en relevant rapidement les taux, pendant que notre patronne de la BCE expliquait que l'inflation était temporaire et continuait à observer le train de l'inflation accélérer sans prendre aucune décision.

Un seul patron de Banque centrale a eu le courage de reconnaître ses erreurs.
Le gouverneur de la BoE, Andrew Bailey.
Il n'a pas hésité à dire que leur système de prévision était "broken", qu'ils étaient sans boussole et qu'il fallait se soumettre à une remise en question totale.

Puisqu’en relevant leurs taux, les banques centrales luttent contre les hausses de prix, l’inverse est vrai : en baissant leur taux, les banques centrales favorisent les hausses de prix. Andrew Bailey aurait-il saisi ce mécanisme subtil qui échappe aux autres banquiers centraux ?

La suite nous indique que Bailey, désorienté, préfère s’en remettre à un expert du sérail :

La BOE vient tout simplement d'annoncer ce week-end qu'elle avait engagé Ben Bernanke, l'ancien patron de la Banque centrale américaine, rien que ça...
Pour mener l'audit de son processus de prévision et pour proposer des changements.

  • Ben Bernanke, président de la Fed de 2006 à 2014, n’avait pas vu venir le choc de 2008.

  • Ben Bernanke a créé 1 500 Mds$ entre 2009 et 2010 et 600 Mds$ début 2011 tout en prétendant que ceci ne serait pas inflationniste.

  • Ben Bernanke a reçu le Prix Nobel en octobre 2022 pour ses travaux sur la Grande dépression et les paniques bancaires.

  • Ben Bernanke n’a pas vu venir en 2023 les faillites de la Silicon Valley Bank, la First Republic Bank, de Silvergate, de Signature, de FTX,… La faillite de la First Republic est la deuxième plus grosse de l’histoire des banques américaines.

Bref, la boule de cristal prévisionnelle de Ben Bernanke semble bien encrassée. Recourir à une voyante ou à un magnétiseur serait aussi efficace. 

En réalité, les modèles prévisionnels des banques centrales sont à peu près aussi fiables que ceux des épidémiologistes étiquetés experts officiels lors de la crise du Covid19 ou ceux des climatologues du GIEC.

D’ailleurs, à propos de climat, alors que les vices de la transition énergétique forcée commencent à apparaître, on peut lire dans la presse subventionnée des titres chocs comme celui-ci :

Le Figaro du 31 juillet

« Mobiliser des financements privés pour la transition énergétique, un défi.

En France, il faudra investir 60 milliards dans les années à venir. L’État ne prendra pas tout à sa charge ».

Mais il y a un os : personne ne veut vraiment risquer son propre argent dans cette « transition énergétique » imposée.

Pourtant, la journaliste nous explique très sérieusement que « les secteurs des énergies renouvelables, longtemps massivement subventionnés par la puissance publique [sont] aujourd’hui rentable pour le privé ».

La « puissance publique » c’est l’argent des contribuables qui leur est pris de force et la dette.

Si c’est rentable, pourquoi le secteur privé reculerait-il à y investir son propre argent ? Il devrait au contraire être chaud bouillant à la perspective de profits « humanitaires » … Quelle plus noble mission que de sauver la Planète des excès des humains ?

L’article nous donne une piste : « cette question de la rentabilité de projets de long terme est sensible, car, dans un environnement de taux élevés, elle tend à s’effriter ».

Tiens donc, ce qui est rentable en empruntant de l’argent qui n’existe pas à 1% ne l’est plus quand il faut emprunter de l’argent qui existe déjà (de l’épargne déjà constituée) et payer 5% d’intérêt ?

Dit autrement, ce qui est rentable avec de la fausse monnaie ne l’est plus avec du vrai argent.

La monnaie surgie du néant crée des illusions de rentabilité mais les mirages finissent toujours par disparaître.

Toutefois ces mirages permettent à Ben Bernanke, Al Gore et autres prévisionnistes charlatanesques d’avoir des prix Nobel.

Nous vivons dans un monde cruel … pour les honnêtes gens.

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