Mauvais procès et bons investissements
Un vent de révolte commence à souffler contre le capitalisme woke. Le procès Shell contre Friends of the Earth connaît un rebondissement inattendu aux Pays-Bas tandis que les Allemands refusent la fin des moteurs thermiques programmée pour 2035.
Le « cas climatique du siècle » attend son verdict à la cour d’Appel de La Haye (Pays-Bas).
Accusée : la société Shell
Accusateur : l’association écologique « Friends of the Earth» (les Amis de la Terre).
S’invite à la procédure en appel l’association climatosceptique Clintel.
En première instance, le tribunal de La Haye a admis les « preuves » présentées par Friends of the Earth à savoir qu’une augmentation de la température moyenne de 1,5 °C ou plus entraînerait un changement climatique dangereux. Shell doit, selon ce premier jugement, œuvrer pour empêcher ce changement et par conséquent :
Réduire ses émissions de CO2 de 45% par rapport à 2019 d’ici 2030 dans l’ensemble de ses activités dans le monde
Tout faire pour limiter celles de ses fournisseurs et de ses clients.
Une victoire historique, selon Friends of the Earth, obtenue en mai 2021.
Shell - qui s’est mollement défendu, nous verrons pourquoi dans quelques lignes – fait cependant appel. Et voici que s’invite à la procédure un empêcheur de tourner en rond : Clintel.
Clintel estime que « de nombreux citoyens et entreprises du monde entier sont affectés par le jugement du tribunal. Cependant, ni les citoyens ni les entreprises autres que Shell n’ont été représentés ». De plus, Shell ne pouvait pas efficacement se défendre efficacement contre les allégations de Friends of the Earth sur les hypothèses de réchauffement.
Les grandes entreprises empêtrées dans le capitalisme de connivence
En pratique, pour ne pas se retrouver exclues des grands fonds d’investissement et bannies des médias, les entreprises doivent adhérer à la doxa du moment : le réchauffement climatique actuel est dangereux pour l’Homme, il est provoqué par l’Homme (origine anthropique), nous devons tous lutter contre cette abomination afin de repousser la fin du monde.
À défaut, les entreprises rebelles ne seront pas considérées comme ESG, « Environnement, Social, Gouvernances » ; sans ce gage de bien-pensance, elles disparaissent des écrans radars des gérants qui s’enorgueillissent de leur label ISR comme Investissement Socialement Responsable.
Sur cette illustration, en haut à droite, le symbole de la Marianne, signe du « capitalisme de connivence » et que l’État a un droit de regard sur ce label.
Certains grands gérants ont indiqué que l’ESG allait tout simplement diminuer les rendements de leurs fonds. N’oubliez pas que hors de France, dans les pays développés, le principe de la retraite par capitalisation prévaut. Nuire aux fonds de retraites c’est donc réduire les pensions des retraités.
Prenons le cas de Shell. Pour échapper à l’opprobre, l’entreprise :
A déplacé son siège social de La Haye à Londres
S’est lancée dans des projets CSC (Capture et Sockage du Carbone) pour lesquels elle recevra de grosses subventions
Investit dans l’hydrogène vert (impossible à rentabiliser dans l’état actuel des connaissances)
Autant de dépenses inutiles qui vont grever la rentabilité pour des années.
Les subventions ne font pas les profits ni les dividendes!
Les subventions sont de l’argent pris de force à des contribuables (ou emprunté) qui est déversé dans des activités qui ne sont pas rentables et qui servent des buts politiques. Si ces activités étaient rentables, elles auraient trouvé à se financer sans problème.
Sur un sujet similaire, il est intéressant de voir que les Allemands se révoltent finalement contre le bannissement des moteurs thermiques à horizon 2035, rejoignant les Italiens, les Polonais et les Bulgares. Cris d’orfraies de certains constructeurs qui ont investi pour se préparer au tout électrique, oubliant simplement que leurs clients sont largement subventionnés par les impôts et les déficits… Sans aide à l’achat, un véhicule électrique ne se vend pas car il est trop cher et incommode.
Ce mouvement de rébellion contre le diktat ESG-ISR se développe aussi à Wall Street qui commence à trouver que le « capitalisme woke » pro-ESG est une ineptie.
Certains sénateurs et gouverneurs demandent que les fonds qui refusent d’investir dans les énergies fossiles soient boycottés par les fonds de pension étatique. Le Financial Times indique que la Caroline du Sud et la Floride auraient retiré 3 Mds$ en 2022 des fonds BlackRock pour cette raison.
Les arguments de Clintel
Clintel demande à être présent en appel pour représenter les gens réellement lésés qui n’ont pas droit à la parole : les citoyens ordinaires consommateurs de pétrole.
Curieusement, ni Shell ni Friends of the Earth ne veulent que Clintel s’invite dans les débats. C’est dire si le capitalisme de connivence est bien enraciné aussi aux Pays-Bas…
Clintel devra plaider son droit à présenter ses arguments dans une audience fixée au 15 mars prochain. Sur le site climatecaseofthecentury.org vous pouvez rejoindre et soutenir l’action de Clintel.
Sur le fond technique, Clintel s'attaque aux fondements scientifiques et factuels selon lesquels une augmentation de 1,5°C de la température moyenne de la Terre entraînerait un changement climatique dangereux. Il est vrai que la Terre et les humains en ont vu d’autres depuis la fin de l’époque glaciaire…
Températures moyennes dans l’hémisphère nord durant les 11 000 dernières années
Notre transaction de la décennie consiste à miser sur les producteurs de pétrole. Cela reste l’énergie la plus efficace. L’ESG, l’ISR et le capitalisme de connivence se financent par les impôts, les taxes et la dette et conduisent à des sous-investissements dans les secteurs les plus rentables et les plus utiles.
Évidemment, il ne s’agit pas d’investir dans Total ou Shell ou des pétroliers cherchant à conquérir un label ISR… Mais plutôt de miser sur les pétroliers qui mettent la main dans le cambouis pour extraire des barils de la façon la plus économique possible.