Pouvoir d’achat à la tronçonneuse

Par Simone Wapler

L’or bat tous les records, dans toutes les monnaies. Cela indique une chose et une seule : notre pouvoir d’achat est en cours de laminage.

En général, ma cote de popularité suit les cours de l’or.

L’or baisse ? Je suis une imbécile réactionnaire et rétrograde.

L’or monte ? Je suis une personne avisée et on se félicite d’avoir « gagné de l’argent » en suivant mes (précieux) conseils.

Gagné de l’argent ?

Hélas non. Ceux qui le disent se trompent et il est de mon devoir de les détromper. VOUS N’AVEZ PAS GAGNÉ D’ARGENT. Vous en avez moins perdu que ceux qui n’ont pas acheté d’or.

Personne ne gagne d’argent en ayant acheté de l’or qui ne rapporte rien. On n’investit pas dans l’or. L’or ne procure AUCUN retour sur investissement. L’or ne fait que mesurer l’érosion des monnaies. En l’occurrence, avec l’euro, c’est presque les trois quarts de son pouvoir d’achat depuis 2008. Car, rappelez-vous, l’or valait 600 € l’once début 2008. Et depuis seulement le début de 2024, c’est 20% de son pouvoir d’achat. 

L’or est une monnaie. La seule qui ne soit pas manipulable et multipliable. La seule qui ne s’effrite pas.

Comment gagner de l’argent avec l’or…

L’or est la monnaie universelle qui ne dépend de personne, qui n’est la dette de personne et surtout pas des jean-foutre qu’on appelle banquiers centraux.

Si vous voulez gagner de l’argent avec l’or, vous devez prospecter, découvrir un filon, construire une mine puis extraire et raffiner de l’or nouveau qui n’existait pas. Et tout ceci pour un prix bien inférieur à celui de l’or qui existe déjà. C’est possible mais c’est un métier.

Autre solution : devenir actionnaire d’une mine d’or. C’est possible, mais il vaut mieux être bien conseillé.

Si vous avez simplement placé une partie de votre épargne dans cette monnaie qu’est l’or, vous avez seulement perdu moins d’argent que ceux qui ne l’ont pas fait et qui continuent à faire confiance aux jean-foutre pour protéger leur « pouvoir d’achat » …

Perdre moins d’argent, c’est gagner en pouvoir d’achat

Le pouvoir d’achat est une des préoccupations des Français, paraît-il, aux côtés de l'insécurité et de l'immigration.

Les solutions de gauche au pouvoir d'achat consistent à bloquer les prix, augmenter le smic et redistribuer l'argent piqué (légalement) aux riches. Les « riches » étant tous ceux que les envieux désignent.

Les solutions de droite au pouvoir d'achat consistent à empêcher les immigrés de piquer (légalement ou illégalement) dans le pot de miel des allocations et des assurances sociales, et taxer les produits importés qui détruisent ce qui nous reste d'industrie nationale. C’est ce que certains appellent l’ultralibéralisme, le patriotisme économique.

Personne ne m'a demandé mon avis. Ni à l'Élysée, ni à Matignon. C'est bien dommage car j'ai d’autres idées sur ce sujet. Des idées qui consisteraient à ne plus nous forcer à dépenser pour des choses que nous ne choisissons pas et à gaspiller dans des projets qui ne nous intéressent pas. Bref, retourner à l’économie de marché et s’éloigner du dirigisme-constructivisme de droite ou de gauche. 

La tronçonneuse plutôt que la planche à billets

Le président argentin Javier Milei s’est illustré en déclarant lors de sa campagne qu’il sortirait la tronçonneuse pour élaguer dans le budget de l’État.

« Voici une liste des nouvelles victimes de la tronçonneuse de Milei lors des deux dernières semaines : 

·       Simplification radicale des démarches pour la cession de véhicules d’occasion et baisse de moitié de la taxe liée (équivalent de la vignette).

·       Dérégulation massive du secteur agricole, simplification de l’export, usage de drones autorisé, accès au crédit facilité.

·       Suppression de la Loi des Gondoles. Oui, jusqu’ici le gouvernement décidait de ce que les supermarchés devaient mettre en rayons.

·       Suppression de la loi d’Approvisionnement qui permettait à l’Etat de mettre des amendes aux entreprises ne suivant pas ses plans en matière de quantité produites et de prix.

·       Suppression de lois imposant aux entreprises des contraintes d’étiquetages et de suivi des prix.

·       Disparition de l’Observatoire des Prix, un organisme contrôlant les prix et disponibilités nationales de tous les produits sur le marché.

·       Ouverture des comptes CERA, spécialement conçus pour recevoir l’argent jusqu’ici « caché » par les contribuables. L’idée est d’offrir une amnistie fiscale (variable selon les montants) afin de réintégrer cette épargne dans l’économie.

·       L’opération Ciel Libre continue, après l’ouverture aux compagnies low-cost, le gouvernement a déclaré qu’un service minimum est essentiel au fonctionnement du pays, limitant ainsi la possibilité de grève générale dans le secteur de l’aviation civile.

·       Réduction de l’impôt PAIS qui passe de 17,5% à 7,5% pour finalement disparaître en décembre. Impôt symbole du kirchnerisme, il frappait tous les importateurs devant se procurer des devises ainsi que les argentins en voyage à l’étranger.

·       Éradication d’une foule de Règlements Techniques qui imposaient des normes de fabrication allant plus loin que les normes internationales (ISO, etc.) dans l’industrie. Ces normes permettaient aux gouvernements antérieurs de justifier des déplacements d’inspecteurs argentins aux quatre coins du monde. Par exemple, un contrôle de l’usine LEGO au Danemark pour s’assurer que les petites briques soient aux normes argentines, tous frais payés par le contribuable bien sûr. 

·       Disparition de l’obligation de payer l’équivalent de la SACEM pour les téléviseurs disposés au sein des chambres d’hôtel. L’usage est considéré comme privé donc non-soumis au paiement de droits d’auteurs.

·       Simplification des normes sur le maté, le vin et le charbon, dans le but d’en faciliter l’exportation.

·       Fin de l’obligation pour l’État de passer par des entreprises publiques dans divers domaines. L’État peut maintenant faire des appels d’offres et choisir le meilleur rapport qualité/prix. 

·       Loi permettant l’expulsion de tout étranger commettant un délit.

La pauvreté a reculé de 6 points au deuxième trimestre, l’indigence de 4 points, alors que les deux indicateurs ne faisaient qu’augmenter depuis 2017. Stellantis a annoncé un investissement de 400M$ pour son usine de Cordoba. Les réserves en dollars ont atteint pour la première fois leur niveau pré-Cristina. L’inflation disparaît peu à peu. »

Source ici.

Si l'Élysée m'avait fait signe pour Matignon, j'aurais décliné mais j'aurais conseillé de copier Milei.

Imaginez, si tous les matins, nous entendions aux informations qu'un règlement ou une norme idiote disparaissait...

Imaginez comme nous pourrions être guillerets si on nous disait que nous pouvons vendre à n'importe qui notre voiture sans contrôle technique de moins de six mois, que les règles stupides sur les tailles de haie sont abrogées, que les fournisseurs et distributeurs sont désormais juges de ce qui est utile d'indiquer sur leurs emballages et étiquetages (ce qui évitera d'avoir des étiquettes de 8 cm de long sur des vêtements de nouveaux nés, étiquettes que personne ne lit), etc. 

Une « petite bonne nouvelle » plutôt qu’une « petite mauvaise nouvelle ». De quoi bien commencer notre journée. Même nos matins de pluie de la fin novembre seraient illuminés !

Car les « petites mauvaises nouvelles » nous font perdre du temps et/ou de l’argent. Ces tracasseries, ces étiquettes, ces marquages, ces contrôles (et leurs contrôleurs), qui les paie finalement ? Nous tous, consommateurs en bout de chaîne (je ne parle pas de chaîne de tronçonneuse mais de chaîne de décision). 

Le bouchon solidaire, plus cher pour rien

Exemple : le dernier gadget imposé par les bobos-citadins à roulettes, les bouchons à capsule imperdable ou « bouchons solidaires » qui se sont imposés cet été.

« Qu’on les aime ou pas, il faudra bien s’adapter à ces bouchons attachés à la bouteille car à partir du 3 juillet 2024, les bouchons solidaires (attachés au goulot) seront obligatoires en vertu de la directive européenne 2019/904 du 5 juin 2019 relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement. Tous les bouchons de boissons en bouteille plastique jusqu’à trois litres sont concernés. » Source ici

Ces bouchons je ne les aime pas. C’est, pour moi, une mauvaise nouvelle et un agacement nouveau.

D'abord, je n'avais pas l'habitude d'égarer mes bouchons. Donc les bouchons solidaires ne m'apportent rien de plus que les bouchons libres. Ensuite, il faut maintenant que je fasse attention à l'axe dans lequel je verse sous peine de renverser à côté une partie du liquide et de le gaspiller. Le bouchon solidaire introduit une préoccupation qui - dans mon cas - n'existait pas avant.

Le bouchon solidaire me rend donc ronchon et encore plus réactionnaire, comme tout ce qui est « solidaire, responsable et durable ».

Pour mémoire, nous vivons dans un monde où rien de matériel n'est gratuit. Le bouchon solidaire est plus compliqué que le bouchon libre.

« Tetra Pak, fabricant mondial de solutions de traitement et de conditionnement de produits alimentaires, a investi 100 millions d’euros pour étendre son site de Châteaubriant, afin de produire des bouchons attachés en revoyant le bouchage de « 40 emballages différents avec l’objectif que tous les modèles de bouchons soient disponibles en version d’origine végétale, en fibre de carton ».

À votre avis, qui les rembourse ces millions d'euros d'investissements inutiles ?

Vive la tronçonneuse, meilleure amie de votre pouvoir d’achat ! 

Et tronçonneuse thermique ou électrique, on s’en fiche (quoique… les bûcherons professionnels préfèrent encore la thermique).

Michel Barnier connaît-il la tronçonneuse ? Sait-il la manier ? Si vous en doutez, il n’est pas trop tard pour acheter de l’or. En réalité, tant que nous croulons sous les dettes publiques et les impôts, il n’est pas trop tard pour acheter de l’or.

Avec tout ça, j’ai oublié de vous dire que les Japonais vendent la dette française, que, bientôt, il n’y aura plus que deux types d’acheteurs de dette française et que Bruno Le Maire a décidé de vivre la faillite de la France depuis la Suisse. Mais ce sera pour une prochaine fois.

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