Un vent dangereux pour les parasites ?
Par Simone Wapler
Si les États-Unis de Trump 2 tournent le dos à l’interventionnisme, comme l’Argentine de Milei, l’écart de richesse entre les États-Unis et l’Europe devrait continuer à croître. Ceci pousse à investir sur les marchés actions américains plutôt qu’européens.
Aux Etats-Unis, un vent mauvais se lève sur Washington, la capitale fédérale :
Musk and Ramaswamy « ouvriront la voie pour que mon administration démantèle la bureaucratie gouvernementale, sabrent dans les réglementations excessives, coupent les dépenses inutiles et restructurent les agences fédérales »[1]
Donald Trump
En France, tous les grands médias, politiciens, économistes et administrations sont formels : les dépenses publiques seraient sources de richesse.
Pourtant, si les dépenses publiques étaient vraiment créatrices de richesses, l’écart entre États-Unis et Union européenne ne serait pas dans ce sens-là. Les pays européens qui dépensent plus devrait être bien plus prospères, tirant les autres par le haut.
En dépit de ces évidences, les technocrates, bureaucrates, politiciens et profiteurs du capitalisme de connivence concluent comme à leur habitude que « si ça ne marche pas, c’est qu’on en n’a pas fait assez et que donc il convient d’en faire plus ». Ce qui est en substance la conclusion de Draghi.
Mais tout le monde peut constater que la croissance économique des États-Unis et la richesse par habitant sont largement supérieures à celles qu’enregistre l’Union européenne. Le rapport de Mario Draghi sur ce sujet a été abondamment commenté.
Tout le monde peut aussi constater que les actions américaines se portent mieux que les actions françaises ou européennes.
Concrètement, cela donne sur la seule année 2024, une plus-value potentielle de plus de 26% en moyenne pour les actions américaines contre 6% sur les actions européennes.
L’écart sur cinq années est encore plus accablant : 90% pour les États-Unis contre 25% pour l’Europe.
Ceci a d’autre implications. N’oublions pas que les Américains ont un système de retraite qui repose principalement sur la capitalisation.
C’est donc toute la population - actifs comme retraités - qui s’enrichit tandis qu’elle se paupérise en Europe.
Au passage, notre service Trading Desk ne propose que presqu’exclusivement des actions américaines. Certes pour en profiter, il faut ouvrir un compte en dollar chez un courtier en ligne. Mais tout gain mérite un effort.
Cet écart ne devrait que continuer à se creuser. L’équipe du mandat Trump 2 semble déterminée à faire ce que n’avait pas réussi à faire celle du mandat Trump 1 : abattre les réglementations inutiles, faire le tri dans les dépenses publiques, assécher le « marécage » bureaucratique de Washington. Certes on peut reprocher au programme Trump 2 son volet protectionniste. Mais pour le reste, des grands nettoyeurs ont été recrutés :
· Les entrepreneurs Elon Musk et Vivek Ramaswamy pour se débarrasser des administrations inutiles comme nous l’avons vu
· Lee Zeldin pour l’Agence de protection de l’environnement et mettre fin à l’hystérie climatique
· Doug Burgum pour le ministère de l’intérieur et le Conseil national de l’Énergie avec pour mission de favoriser la production au lieu de l’entraver
· Robert Kennedy Junior aux institutions sanitaires pour un grand curetage d’après Covid
· Marco Rubio et Elise Stefanik pour s’attaquer aux diktats des grands « machins » tels que l’ONU ou l’OMS ou encore le GIEC.
Chaque nomination arrache des couinements effarouchés à nos commentateurs. Nos médias subventionnés n’apprécient pas ce « grand remplacement » d’élites technocratiques élevés dans le parasitisme et rompues au capitalisme de copinage par des personnalités issues du secteur privé et habituées à nouer des contrats gagnant-gagnant.
Ne nous emballons cependant pas. Tout ne sera probablement pas un succès total. Il ne faut pas sous-estimer la résistance de la bureaucratie locale, fédérale et internationale. Mais c’est en tout cas beaucoup mieux que ce qui se passe en Europe avec une Commission toujours présidée par Ursula von der Leyen. Et infiniment mieux que ce qui se passe en France où nous fonçons vers une crise des finances publiques. L’écart Etats-Unis / Europe ne devrait donc aller qu’en se creusant.
Le faux libéralisme français et européen démasqué par le Mercosur
La finalisation de l’accord du Mercosur de libre-échange qui agite nos agriculteurs est typique du faux libéralisme européen.
Selon nos agriculteurs, nous allons connaître une déferlante de poulets du Brésil et autres denrées qui les ruinera et les poussera au suicide.
Le Monde sur ce sujet
Ce projet a la particularité de rassembler contre lui des opposants très variés : les agriculteurs, les écologistes, les ONG spécialisées dans la santé alimentaire, les altermondialistes critiques du libre-échange et les souverainistes y sont tous largement opposés, pour des raisons diverses.
Bien que défendant des modèles différents, les principaux syndicats d’agriculteurs (FNSEA, Coordination rurale, Confédération paysanne) et interprofessions (Interbev, Anvol, Intercéréales, AIBS) se mobilisent contre l’arrivée massive de denrées alimentaires sud-américaines sur le marché français, qu’ils voient comme une concurrence déloyale pour leurs filières.
Les militants écologistes s’inquiètent, pour leur part, des conséquences environnementales de l’accord. Il devrait, en effet, accroître les émissions de gaz à effet de serre en raison d’une augmentation de la production destinée à l’export, et accélérer la déforestation en Amérique latine.
La différence de normes sanitaires entre l’Union européenne et les pays du Mercosur laisse également craindre l’arrivée sur le marché européen de produits non conformes, présentant des risques pour la santé des consommateurs.
Si autant de monde est contre, ce doit être mauvais, non ?
En réalité, c’est bon pour le consommateur puisqu’il aura plus de choix et des produits moins chers dont beaucoup ne sont d’ailleurs pas en concurrence directe avec les produits français.
Déboussolés par des décennies de marchés, quotas et prix réglementés par la Politique Agricole Commune, de subventions, d’obligations normatives délirantes, nos agriculteurs semblent avoir perdu le nord.
Car la situation est finalement binaire :
1. Ou les normes sanitaires européennes et françaises sont utiles. Par conséquent, en signant un accord de libre-échange les autorités européennes et françaises mettent la population en danger, il faut donc les traduire en justice devant les autorités compétentes. Il faudra aussi traduire en justice les importateurs peu scrupuleux pour tentative d’empoisonnement.
2. Ou alors les normes sanitaires européennes et françaises sont inutiles. Dans ce cas, il faut les supprimer. « Afuera ! [2]» comme dirait le président argentin Milei. Un bon coup de tronçonneuse et ainsi la concurrence sera loyale.
Nos agriculteurs seraient alors libérés de tout ce fatras inutile et pourraient mieux se concentrer sur la création de richesse au travers des gains de productivité.
Rébellion ou soumission : il va falloir choisir
Au G20, le président argentin Javier Milei a de nouveau prodigué un discours décoiffant qui a été peu relayé en France et a refusé d’endosser la déclaration finale.
Vous en trouverez une traduction intégrale ici mais voici quelques points clés.
« de nombreuses politiques promues avec insistance par la communauté internationale violent les droits les plus fondamentaux des citoyens du monde, à savoir le droit à la vie, à la liberté et à la propriété privée. En pensant au slogan de cette exposition, je crois que le concept de « gouvernance mondiale » est devenu l’étiquette de cet échec.
[…]
Qu’il s’agisse de barrières à la production et au commerce, de mandats de censure sur la liberté d’expression, d’impositions culturelles ou de conditions d’accès au marché du crédit.
[…]
Le problème est que ces définitions ne sont pas des accords entre les parties, mais des exigences, car ceux qui osent avoir leur propre point de vue sont punis.
Pour nous, le consensus est toujours fondé sur un désaccord sain et un débat vigoureux. Mais aujourd’hui, le désaccord est scandaleux, et le débat n’est ni vigoureux ni sain. Il n’y a pas d’égalité souveraine qui le permette et, par conséquent, le régime international devient un corset qui nous étouffe.
[…]
Cela signifie que les mécanismes de la gouvernance mondiale n’offrent pas de canal pour une conversation entre égaux. Ils n’offrent que deux voies : la soumission ou la rébellion.
[…]
S’il s’agit de restreindre la liberté d’opinion, ne comptez pas sur nous [no cuenten con nosotros en version originale].
S’il s’agit d’empiéter sur les droits de propriété des individus par le biais de la fiscalité et de la réglementation, ne comptez pas sur nous.
S’il s’agit de limiter le droit des pays à exploiter librement leurs ressources naturelles, ne comptez pas sur nous.
S’il s’agit d’inventer des privilèges de sexe, de race, de classe ou de toute autre minorité, et de nier le principe d’égalité devant la loi, ne comptez pas sur nous.
S’il s’agit d’imposer une plus grande intervention de l’État dans l’économie, nous sommes exclus.
Nous pensons que la coopération internationale peut être bénéfique pour tous, oui, mais cela exige le respect de la souveraineté des nations et des droits individuels de leurs citoyens.
Après tout, c’est l’essence même de notre programme de liberté et c’est la direction que devrait prendre, selon nous, tout effort de réforme des institutions de la gouvernance mondiale. »
Un vent frais contraire à la bureaucratie et à la frénésie normative semble désormais souffler à l’ouest. Reste à espérer qu’il essaime rapidement à l’ouest et soit suffisant pour nous éviter, des deux côtés de l’Atlantique, les crises monétaires et budgétaires qui couvent toujours comme nous le verrons prochainement.
[1] will pave the way for my Administration to dismantle Government Bureaucracy, slash excess regulations, cut wasteful expenditures, and restructure Federal Agencies. Reuters
[2] Dégage !